J’ai envie de raconter des histoires, des histoires que je peux enfin inventer. Le travail de journaliste me frustre. J’ai toujours eu le sentiment de passer à côté des gens que j’interviewe d’abord par manque de temps et parce que rien ne l’exigeait.
Je commence à écrire mon premier scénario de court-métrage « Coma » avec le scénariste de Téchiné, Gilles Taurand, avec qui j’ai une vraie complicité qui dure encore aujourd’hui. En mai 1995, alors que je viens de tourner mon film avec une production qui me met à disposition un matériel de cinéma complet, Téchiné me propose d’être cette fois second-assistant à la réalisation sur « Les voleurs ». Je continue d’apprendre le métier mais j’ai la tête ailleurs. Je dois m’atteler au montage de mon film.
« Coma » est terminé en août. ARTE le visionne et décide de l’acheter, ce qui est un sacré encouragement pour moi. Parallèlement, pour gagner ma vie, je réalise des films d’entreprise pour France Télécom puis, décidé à continuer dans ma voie, je tourne mon deuxième court-métrage « Au-dessus de la mer » (1997 – LANCELOT FILMS) sur les plages de Vendée. ARTE m’encourage de nouveau en achetant le film et le diffuse dans « COURT-CIRCUIT ».
En 1999, Lars Von Treer a lancé un mouvement cinématographique « le dogme ». J’ai envie de m’y essayer à ma façon et décide d’écrire et tourner un court-métrage « Cadeaux » en ne travaillant qu’avec des lumières de bougies et en respectant quelques règles du dogme. Je le tourne à Nantes grâce à Christian Tison qui me suit dans mes projets avec Lancelot Films.
En 2009, je me lance dans l’écriture d’une adaptation pour le cinéma de mon documentaire Strip-tease « Les gens d’en face » tout en réalisant pour le groupe SAFRAN une série documentaire sur l’histoire de ses usines.
Contre toute attente, je ressors de mes tiroirs un scénario de long-métrage, écrit quelques années plus tôt, dont le personnage principal est un psychiatre de prison. Je me décide à reprendre l’écriture. Au milieu de ce processus d’écriture de scénarii qui démarrent, s’arrêtent puis reprennent, comme les ouvrages de Pénélope, je décide d’écrire un livre sur mon père, sur « sa guerre » qui sortira en 2014 sous le titre « Un matin à Ouistréham » aux Editions Tallandier.
En 2018, l’oeuvre de Georges Bernanos tombe dans le domaine public… En tant que petit-neveu et réalisateur de documentaire, je ressens comme une évidence que je dois faire un film sur lui. Mais ça n’est pas facile de convaincre les chaînes de télévision. Bernanos fait figure d’écrivain « catho » et est un peu boudé du public. Pourtant je sais que sa vie est un vrai roman, que les préjugés qui foisonnent autour de sa personne se doivent d’être levés. J’en parle à mon cousin Yves Bernanos, petit-fils de l’écrivain, réalisateur lui aussi. Il me confie qu’il souhaitait également faire un film sur notre aïeul… C’est là que nous vient l’idée de le faire ensemble…
Après un long travail d’écriture, de recherches de documents et de photos dans nos cartons respectifs, le projet est rejeté par les chaînes de télévision. Grâce à la « foi » de Bruno Florentin, producteur, qui croit dans le film, les choses se mettent en place. France 3 Haut de France, région constitutive de l’oeuvre de Bernanos, marche avec nous, tout comme la chaîne Weo.
Commence alors l’aventure du film, le tournage à Majorque, au Brésil, dans le Nord de la France… puis le montage… qui se terminera en mai 2019…
Cette intimité avec Bernanos me confirme dans mon envie d’adapter pour le cinéma (ou pour le théâtre) certains de ses romans jusque-là ignorés. « Un Mauvais rêve » ( pour le théâtre ) et « Un Crime » ( pour le cinéma ) sont en projet.